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Je reste Français

Cette affirmation a été expliquée et publiée il y a vingt ans, sous la forme suivante, dans le mensuel, l’écho des arènes de Saintes, devenu site web TV à Paris.

Saintongeais je fus, Français je reste, Euro-parisien je vis.

En trois courtes phrases, voici résumées quelques décennies, les deux tiers du XXème siècle, au cours desquels j’ai vécu deux changements d’appartenance en préservant mon identité – jusqu’à quand ?

Car l’expérience faite inspire une profonde réflexion de fin de siècle sur les deux thèmes de l’appartenance et l’identité qui servent de carburant mondial à de multiples révoltes, locales ou régionales.

Au point qu’on a l’impression de quitter un XXème siècle fait de communautés éclatées et de guerres globales pour entrer dans un XXIème siècle fait d’un monde global enfermé dans la toile du web, et de guerres locales éclatées sans cesse renouvelées et contagieuses.

Ce fut ma réponse à l’éventualité d’une installation à Bruxelles, inspirée par l’évolution d’activités professionnelles et bénévoles qui se dérouleraient dorénavant hors de France, où elles restaient fiscalisées. Il n’y avait dans tout cela, aucun intérêt d’argent.

Cette chronique a été suivie de nombreuses autres pendant quatorze ans. La plupart d’entre elles ont expliqué pourquoi il convenait, si l’on voulait rester Français, de faire évoluer les rapports entre les citoyens rassemblés dans leur nation et les services de l’État.

La mise en œuvre de cette décision, au cours des premières années du XXIème siècle, a exigé une très bonne analyse des situations à venir dans le contexte, mondialisé d’une société Française gravement éclatée.

A cet effet, il convenait d’entreprendre une réflexion profonde sur ce que signifieraient ces trois mots, « je reste Français » après qu’une triple évolution se soit accomplie.

ÉVOLUTION et CHANGEMENTS STRUCTURELS

Trois évolutions se sont accomplies

1) L’évolution des structures dites Euros métropolitaines au sein desquelles une nouvelle génération, déjà acquise aux évolutions prévisibles du XXIème siècle, allait chercher à conquérir le pouvoir d’État. Ils ont été décrits il y a vingt ans.

Je vis au quotidien ce que préparent pour demain les « créateurs de valeurs » qui conduisent l’euro-convoi auquel le wagon France est attelé.

Jeunes, déterminés, ambitieux, ils vivent leur appartenance à un système au point d’en oublier leur identité d’origine :

Anglais lu, écrit, parlé au travail

Américano, italo, sino, français au resto,

Germano, nippo, italo, français au volant !

Tout le monde travaille sans état d’âme pour les retraités de Santa-Barbara, de la City ou d’Amsterdam, qui ont acheté les actions de nos sociétés, au retraité de Port d’Envaux, remarié avec la Veuve de Carpentras.

A coups de bonus et de stock-options, chacun prend ses chances et ses risques. L’attachement à la collectivité nationale est réduit au rapport qualité/prix du mode de vie à l’instant donné.

Nouveaux français, ils vivent une euro-France qui n’existe pas encore au milieu d’une communauté qui parle encore de la France comme on a parlé longtemps en anciens francs. Sincèrement europhiles, ils sont moins sceptiques que l’euro-londonien, moins technocrates que l’euro-bruxellois et tout aussi conquérants que le futur euro-berlinois, ce qui promet pour l’avenir.

En euro-parisien, les mots de liberté, d’égalité, de fraternité sont tout aussi respectés qu’en patois saintongeais, mais ils n’ont plus le même sens car la démocratie à l’anglo-saxonne se veut plus adaptée à la réalité euro-mondiale que la République à la Française.

Qu’en penser vingt ans plus tard ? Ils ont pris le pouvoir.

2) L’évolution des structures des populations rassemblées dans les cités qui se sont multipliées autour des métropoles et des grandes villes, lesquelles ont, successivement, ont été constituées par les générations déruralisées et décolonisées des années 1960- 1970, avant d’être en grande partie remplacées par les populations de travailleurs immigrés et de leurs familles installées dans les années 1980- 1990.

Ces populations, le plus souvent, privées de véritables expressions politiques, ont profité de l’essor des techniques de communication, en particulier de la création de ces modes de regroupement et d’expression que sont les réseaux sociaux, pour y développer un modèle communautarisé multiculturel qui cohabite dorénavant avec le modèle mondialisé multiculturel des Euros métropolitaines.

3) Les territoires, (la Saintonge de 1999), à forte base rurale, qui constituaient le cœur même de l’expression du suffrage universel Républicain, par le scrutin dit d’arrondissement, ont vu leur capacité d’influence sur l’État et ses organisations se réduire drastiquement.

Cette perte d’influence est devenue insupportable avec l’arrivée au pouvoir d’État, exécutif et législatif, de la jeune génération, inconnue, des Euros métropolitains. Ce sentiment de reflux s’est vite transformé en sentiment de délaissement et de déclassement générateurs de l’opposition politique, devenue majoritaire dans les urnes, et de révoltes dans les rues.

Cette cassure de la société française en trois morceaux aurait pu être évitée en 1995 lorsqu’elle avait été définie sous une autre forme, celle d’une simple fracture sociale.

Ce qui était social en 1995 est devenu général en 2017 pour ces territoires qui sont la structure de base de la société française telle qu’elle a vécu le XXème siècle

Ces situations sont connues. Elles ont été analysées et souvent brillamment écrites. Puis elles ont été absorbées par les modes de communication dominants qui vivent sur les plateaux et dans les rédactions des grands médias, sans atteindre l’esprit des populations concernées.

Tout cela montre à quel point il était difficile il y a vingt ans, d’imaginer comment rester français. La seule question à poser était néanmoins évidente.

« Comment être Français ?» pas seulement le rester, après que les vingt premières années du XXIème siècle aient produit leurs multiples évolutions.

La réponse a été apportée de la manière suivante.

Il s’est agi, d’abord, d’établir dans quelles conditions il serait possible d’être Français au sein d’une famille qui venait de se compléter d’un nombre suffisant de petits-enfants pour qu’il leur soit proposé cette identité Française qu’ils pourraient partager.

Ce fut fait par l’écriture d’un ouvrage valorisant les origines de cette micro communauté, tout en autorisant ses membres, jeunes et nombreux, à manifester la grande diversité d’expressions propre au XXIème siècle.

Cette construction de l’être Français ne pouvant s’arrêter à quelques dizaines d’individus, un autre travail de réflexions et de publication a été entrepris, sans arrêt, pendant vingt ans, grâce aux investissements personnels nombreux dans plusieurs Instituts de recherche consacrés au Droit à l’Économie et à la Justice.

La constatation, faite au cours des années 1990, de l’installation au cœur de l’État, serviteur de la nation, d’un État politicien qui en était le parasite, exigeait d’être complétée par des analyses au cas par cas

Ce travail a produit les réflexions qu’il a été décidé de faire partager au grand public par l’intermédiaire de ce site.

Auparavant, par deux fois en 1989 à 1995, l’auteur de ces réflexions avait décliné tout engagement personnel dans un mandat municipal local, vicié à ses yeux, par les effets et pratiques de l’État politicien installé dans les cercles parisiens.

Enfin, il ne fallait pas que la réflexion soit limitée à la famille et à la société.

Il convenait de l’étendre aux institutions européennes, lesquelles, quoi que l’on dise de l’intérêt ou de la nuisance qu’elles présenteraient, doivent être prise en compte dans la vie de la société française.

Au-delà du continent, il restait au porteur de toutes ces réflexions de faire le bilan de son intense activité de voyages à l’étranger, 1974-2014, auxquels il a donné le caractère de recherche personnelles géopolitiques.

Certes, il ne s’agit pas des études in vitro de l’historien, mais d’études in vivo de celui qui a fait l’effort de ne pas profiter des distractions touristiques, largement offertes à sa génération, pour leur donner caractère utile à ses propres réflexions puis d’en faire un ouvrage familial qui est venu compléter, en 2019, le précédent de l’an 2000.

Et maintenant ?

Il faut tout simplement préciser dans quelles conditions il est possible d’être Français, en respectant quels principes et quelles valeurs.

Sans reproduire le duel au sommet, exigé par des Institutions à bout de souffle, en vitupérant les vilains mondialistes ou les bons nationalistes, ou vice et versa.

Enfant, on a déjà tenté de me faire chanter « l’Internationale » puis « Maréchal nous voilà ». En vain.

Conclusion, pour être un peu mieux Français il faut un peu plus de caractère et, sans doute, un peu moins d’État

Ce sera le prochain rendez vous

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