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Liverpool 1 – Paris 0

Deux matchs ont eu lieu au Stade de France à Paris Saint-Denis lors de la Finale de la Coupe de l’UEFA entre le Real de Madrid et Liverpool.

  • Le premier, qui avait fait le plein de ses 80 000 spectateurs a débuté avec retard, dans l’incertitude du règlement du problème posé par le second.
  • Le second, provoqué par la tentative de supporters qui revendiquaient la faculté d’entrer légalement dans le stade considéré comme déjà plein par un mélange de vrais et de faux billets, problème insoluble.

Il se trouve que j’ai accompagné la naissance et le développement du Stade de France lorsqu’il est apparu livré d’une originalité, celle d’être un stade sans club.

Cette originalité a privé les dirigeants de ce stade de l’assistance que leur rapporterait la structure opérationnelle d’un club avec ses instruments de gestion et ces troupes de supporters bénévoles.

La Coupe du Monde de Football 1998 une fois organisée, lorsqu’il est apparu qu’aucun club ne rejoindrait le stade, il a fallu se rendre à l’évidence et se mettre autour d’une table pour améliorer les éléments de viabilités exigés dans le fonctionnement par un tel organisateur de spectacles sportifs ou culturels. Ce fut fait il y a une dizaine d’années. Depuis, les choses ont marché.

Que s’est-il passé, à la lumière des événements réels dans lesquels des supporters de Liverpool qui sont restés à la porte et ont pu être maltraités par ceux qui les ont empêchés d’entrer ?

D’abord la vérité une commission d’enquête parlementaire ne réussira pas à dissimuler que le Stade de France avait fait le plein de spectateurs pour la rencontre Real de Madrid – Liverpool.

Malgré cette réalité, des milliers de supporters ont continué à affluer dans l’espoir fallacieux de négocier un titre permettant d’entrer et d’occuper une place alors que c’était impossible.

Comme souvent en pareil cas, la tricherie s’est emparée de l’opérateur débordé par les faux billets qui ont permis d’escroquer les futures victimes.

L’affaire s’est alors transportée vers les autorités publiques, celles en charge du maintien de l’ordre, qu’il était indispensable de solliciter pour rétablir un semblant d’ordre alors que le stade plein attendait le coup de sifflet initial.

C’est là que peut intervenir pour des Anglais de Liverpool la difficulté de comprendre la maltraitance quand ils ont été l’objet selon des motifs propres aux manifestations se déroulant en France, spécialement sur le territoire de la capitale de notre république une et indivisible.

D’abord, à première vue, des supporters de Liverpool étaient beaucoup trop nombreux, aussi bien pour espérer entrer que pour n’être pas maltraités.

La région parisienne a connu des centaines de manifestations ne serait-ce en cours du quinquennat qui vient de se terminer. Elles ont plutôt, sur la longue durée, affiché 5 000 manifestants au compteur de la préfecture que les 40 000 supporters en déshérence affichées par Liverpool.

Pire, ce n’étaient pas des manifestants, rompus à toutes les ruses échangées avec les spécialistes du maintien de l’ordre, c’étaient de simples supporters sportifs transformés en protestataires.

Certes, leur protestation était sincère, comme leur indignation faite de l’escroquerie dont ils étaient victimes, mais qui peut croire qu’un responsable du maintien de l’ordre, du bas en haut de la hiérarchie, telle qu’elle fonctionne dans la région parisienne, vitrine du pouvoir en France, a le temps de s’arrêter au sentiment d’indignation.

L’année 2018, a vu suffisamment de manifestations et de violences se multiplier pour que chaque français soit édifié.

Le manifestant qui fait peur et qui sait s’imposer, est peu nombreux, quelques centaines, il ne cherche pas à avoir le bon droit pour lui, ni apitoyer le téléspectateur impatient en attente de son match de foot.

Tout le contraire de ces malheureux supporters égarés comme manifestant dans leur bon droit avec ses faux billets face à un cogneur chargé de la sale besogne.

Revenons un instant à la Plaine-Saint-Denis haut lieu des grandes festivités sportives.

Ce n’est pas une morne plaine qui ferait penser à une autre : Waterloo

Les bâtisseurs de la fin du vingtième siècle ont réussi à y implanter un ensemble de constructions vivantes, vivifiantes, facilitant l’accès de masse en apportant une industrialisation dans les technologies de la communication et des réseaux.

Le passage des grands clubs de football, comme ceux de sport en général, de leurs supporters, ne peut pas être une occasion de mettre en route la machine à baston.

Comme je parle aux amis anglais, je leur dois de parler de l’ « entente cordiale », qui a liée nos 2 peuples depuis 1904.

En 1912, la maison de Cognac – FROMY – dont les futs d’eaux de vies étaient conduits au port de Tonnay-Charente par la famille APERCE avait embauché le footballeur PERHAM, citoyen anglais, pour installer un des premiers clubs français en Charente Maritime.

Un footballeur de 18 ans qui deviendra international au sein du petit groupe de grands footballeurs d’avant la guerre de 1914. Ce fut mon père qui courrait le 100m en 11 secondes.

30 ans de guerre et de malheurs ont massacré cette génération.

Les malheurs supporters de Liverpool peuvent savourer le bonheur qu’ils sont venus vivre à Paris, quel qu’ait été leurs désagréments.

Que les supporters de Liverpool aient conscience de l’essentiel. Ils se sont déplacés librement en traversant la Manche pour leur plaisir et non par devoir et pour certains pour leur malheur il y a 78 ans.

 

Michel ROUGER

One Comment

  • cassuto josette

    oui c’est vrai que cela devient difficile d’aller à un match sans se fairemassacrer ou de ne pas pouvoir entrer.
    il faudrait bien sûr une ouvelle organisation adaptée. pas facile.

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